POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre

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POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre

Message par Baba [Florizarre] le Jeu 15 Juin - 16:43

Hello ~ ♪

Je vous présente ici ma fan-fiction sur le thème de Pokémon Donjon Mystère !

Je la poste initialement sur le site Pokébip en tant que "Cama-Papa-Dapyon" (ceux qui auront lu ma présentation de membre savent que "Cama" est mon pseudo d'origine)


Dans cette fic, le personnage de Baba Florizarre est présent, mais son histoire diffère un peu de celle du forum, d'autant que c'est un monde Donjon Mystère, contrairement à ce forum.

Synopsis :

"Depuis qu'elle a perdu ses parents durant la déforestation brutale qui a causé la destruction de sa pouponnière, Vipélierre, recueillie et élevée par la doyenne Florizarre, s'est jurée de défendre la Clairière Fleurie à n'importe quel prix. Mais cette mission est bien trop dangereuse pour un si petit Pokémon, et Vipélierre l'apprend à ses dépends. C'est alors qu'elle décide de partir en voyage pour tenter de trouver des réponses à ses questions."

Chapitres 1 à 3 :

Chapitre Premier ~ La Clairière Fleurie:


Rozbouton courait de toute la force de ses pieds menus, la larme à l'œil, en poussant de petits cris apeurés. Il semblait fuir une menace inconnue et s'enfonçait de plus en plus dans les bois. « Oh non ! » pensa-t-il, « Baba a dit qu'il ne fallait pas aller dans la forêt ! Qu'est-ce que je vais faire ? ». L'ombre de son poursuivant le rattrapa en un éclair, et le pauvre petit Pokémon se retrouva coincé entre un tronc d'arbre et les terribles pinces d'un Scarabrute. L'horrible insecte fit rouler ses gros yeux pleins de cruauté, et ses mandibules s'agitèrent pour faire tonner sa grosse voix :

«- Donne-moi les baies que tu m'as volées, petit vaurien ! Gronda-t-il, furieux.

Mais le petit bourgeon se défendit avec ardeur :

- Ces baies ne sont pas les tiennes, elles sont à tout le monde ! Et puis il y a un Pokémon malade dans la clairière !
- Tais-toi ! Ici, c'est mon territoire, c'est moi qui décide ! Rétorqua le géant, qui refusait de céder.
- Au secours ! Quelqu'un ! Cria Rozbouton d'une voix noyée de pleurs. »

Soudain, le Scarabrute se retrouva ligoté par deux longues lianes, et, surpris, il relâcha le bébé Pokémon. Il sentit son corps se soulever dans les airs, et l'énorme insecte se débattit comme il put en vain.

«-  Qu'est-ce que tu fais, Scarabrute ? Demanda une petite voix, qui semblait provenir de l'extrémité des lianes. Laisse ce Pokémon tranquille, ou tu vas le regretter !
- Lâche-moi ! Lâche-moi tout de suite ! Cria-t-il, hors de lui. Qui es-tu ? Montre-toi, si tu l'oses ! »

De l'ombre des buissons, un petit Pokémon s'avança sous la lumière du soleil. Il était haut comme trois baies, et son petit museau pointu pointait fièrement vers le haut ; un petit serpent pourvu de petites pattes qui lorgnait le gros Scarabrute d'un air sévère.

«- Je m'appelle Vipélierre, et je protège les habitants de la Clairière Fleurie contre les voyous dans ton genre, soupira le petit reptile. Maintenant, tu vas me promettre de laisser ce pauvre Rozbouton s'en aller, si tu ne veux pas que je te lâche de là-haut !
- Grrr ! Jamais ! S'emporta-t-il. Ces baies sont à moi ! Elles poussent sur MON territoire, et je ne te les laisserai jamais !
- Alors tu ne me laisses pas le choix. »

Vipélierre desserra son étreinte et le gros insecte s'écrasa au sol. Il se releva plein de terre et, le sang bouillonnant, se rua sur le petit Pokémon. Agile et souple, Vipélierre évita son assaillant, qui tentait de l'attraper avec la grosse paire de pinces juchée sur sa tête. Mais il fallut à Vipélierre une énergie considérable pour sauter au-dessus d'un Pokémon aussi grand et l'une des épines acérées qui parsemaient les pinces de Scarabrute écorcha le flanc du reptile. Blessée, Vipélierre tomba à terre en grimaçant de douleur. L'insecte chargea de nouveau. Mais Vipélierre était maligne, et elle se saisit de l'une des pinces de son adversaire pour le bloquer, avant de l'envoyer valser d'un violent revers de sa queue en forme de feuille. Le monstre épuisé se releva et, haletant, s'en retourna d'où il venait dans un grognement de désespoir. « Pfff, la prochaine fois, tu ne t'en sortiras pas, crois-moi ! » marmonna-t-il avant de s'enfoncer dans l'épaisse forêt.

«- M...merci, Vipélierre, dit le Rozbouton faiblement. Si tu n'avais pas été là...
- Idiot ! Gronda le serpent. Baba Florizarre t'avait pourtant prévenu ! Laisse faire les adultes, tu ne connais pas la forêt, et tu pourrais encore tomber sur des endroits aussi dangereux que celui-ci !
- Mais Roucool est souffrant et il lui faut des Baies Pêcha ! Si je n'y étais pas allé, il serait en danger, à l'heure qu'il est...dit-il en baissant les yeux.
- Il ne va pas mourir pour si peu, tu aurais du attendre le retour de Roserade, il connaît bien les environs, lui. »

Vipélierre avait bien insisté sur « lui », et Rozbouton se sentit honteux d'avoir été si téméraire. Il s'excusa, et retourna à la clairière, escorté par sa sauveuse. Vipélierre soupira profondément : les jeunes étaient si imprévisibles... 

Ils atteignirent la clairière baignée par les rayons du soleil. C'était un endroit magnifique, peuplé de nombreux Pokémon, et rempli de fleurs multicolores et gorgées de vie. Des fruits mûrs et sucrés poussaient pour le plus grand bonheur de chacun, et un ruisseau s'écoulait lentement dans un tintement serein et joyeux. Les plus petits Pokémon y barbotaient tandis que les plus vieux s'y abreuvaient tranquillement. Les arbres qui la bordaient étaient hauts et feuillus, et filtraient les doux rayons dorés du soleil, sous lesquels des plantes merveilleuses s'épanouissaient. Vipélierre et Rozbouton arrivèrent auprès de Roucool, un petit oiseau souffreteux allongé dans un lit de feuilles d'arbres. Rozbouton s'avança et aida le volatile à manger ses baies. Ses tremblements s'apaisèrent, et il s'endormit comme un oisillon.

Les frères et sœurs de Rozbouton reconnurent sa sauveuse et s'approchèrent par petits bonds joyeux. Mais Vipélierre tourna la tête et releva le nez, avant de continuer sa route. Roselia, leur mère, la toisait d'un œil méprisant et raccompagna ses petits, abattus et tristes, vers le cocon familial. « Et puis quoi, encore ? » se demandait le reptile. Pourquoi en faire un plat ? Elle avait simplement fait son devoir, et les effusions de sentiments n'étaient bonnes que pour les faibles.

Lorsqu'elle était seule, elle passait ses journées en solitaire, à éviter les autres Pokémon le plus possible. Snobinarde et capricieuse à souhait, elle s'emportait facilement, et il était difficile de l'approcher. Son comportement excessif lui avait valu le surnom de « Princesse ». Le crépuscule gagna la forêt avant même que Rozbouton n'ait le temps de remarquer que Vipélierre s'était discrètement éclipsée.

Le soir-même, elle partit se coucher dans son nid de branchages. Solitaire, comme à son habitude, elle avait établi un petit abri en retrait des autres couches, à mi-hauteur d'un arbre. Elle avait choisi cet endroit exprès, car la nuit, la lumière de la lune frappait directement la branche, et le matin, c'est elle que les rayons du soleil réchauffaient en premier. 



« Debout, debout, debout ! » Chantonnaient en chœur les Mélokrik qui faisaient tinter leurs antennes. L'aube venait de pénétrer les feuillages touffus de la forêt, et la rosée qui ne s'était pas encore évaporée brillait comme autant de petites étoiles parmi les plantes encore endormies. Timidement, et de toute part, les Pokémon de la clairière sortaient de leurs abris pour commencer leur petit train-train quotidien. De toutes les tailles et de toutes les formes, une multitude de créatures se préparaient à vivre une nouvelle journée. 

Vipélierre était de mauvaise humeur. Le vacarme de ces insectes bruyants lui torturait les tympans et l'exaspérait. À moitié endormie, elle descendit de son abri en se balançant sur ses lianes-fouets. D'une agile pirouette, elle se posa délicatement sur le sol frais et s'étira de tout son petit corps menu de bébé serpent. Une petite gymnastique matinale, et la voilà fin prête. Lorsqu'elle arriva au centre de la clairière, celle-ci était déjà en ébullition. Les uns travaillaient, les autres jouaient, et tous s'activaient avec ardeur et conviction. Parfois, l'un deux saluait Vipélierre, parfois, c'est elle qui saluait tel ou tel Pokémon. Mais elle ne s'arrêtait pas pour autant.

Seule Baba Florizarre avait l'entier dévouement du jeune reptile. Elle était elle-même bien plus grande, plus forte et plus sage que n'importe qui. Roserade aussi l'était, mais il n'était pas très bavard, lui. Il était connu dans la clairière pour être le plus efficace des gardiens. Agile et gracieux, il arborait de magnifiques pétales de rose, et était réputé pour sa bravoure et ses nombreux sauvetages. Vipélierre, qui ne comprenait pas l'admiration que tout le monde lui portait, lui vouait surtout une certaine jalousie. Pas à cause de son succès, mais plutôt parce qu'en tant que Pokémon plante, elle aspirait elle aussi à de telles performances.

Elle était assez distante et les autres avaient bien compris qu'elle prenait sa « tâche » au sérieux, et qu'il était presque impossible d'établir un contact avec elle. Tout ce qui l'importait, c'était de pouvoir protéger son havre d'éventuelles menaces, pour ne pas revivre le jour de la perte de ses parents. Mais son comportement hautain et sévère l'éloignait des autres, qui voyaient en elle un Pokémon snob et suffisant. Car, comme elle le disait si bien, Florizarre fixait les règles, et il fallait s'y plier, un point c'est tout.

Un Bulbizarre s'approcha de Vipélierre et l'interpella d'une voix sévère : « Baba veut te voir, elle a à te parler. ». Vipélierre soupira et le suivit jusqu'à une immense souche d'arbre. Là trônait un Pokémon immense et gras, qui ressemblait au Bulbizarre, mais paraissait bien plus vieux et féroce. Sur son dos se déployaient les gigantesques pétales d'une fleur rouge. Le monstre fixa Vipélierre de son regard inquisiteur, regard que n'osa pas soutenir la petite vipère. Bulbizarre se retira, laissant seuls les deux Pokémon.

«- Quoi, encore...demanda Vipélierre, mal à l'aise.
- Tu le sais très bien, répondit le Pokémon d'une voix étonnamment douce et maternelle. Les petits Pokémon ne doivent jamais s'aventurer dans la forêt. Tu as mis ta vie en danger, et je sais que tu voulais bien faire, mais tu devrais laisser faire les adultes, Vipélierre. Qui sait ce qu'il peut arriver à un si petit être...
- Je ne suis pas « si petite », Baba ! S'indigna Vipélierre – elle se sentait pourtant un peu honteuse d'entendre le même discours qu'elle avait tenu à Rozbouton – Et puis si je ne suis pas capable de protéger Rozbouton contre un vaurien comme Scarabrute...
- Scarabrute ? S'étonna Florizarre. C'est un Scarabrute que tu as défié ? Tu es bien téméraire d'affronter un adversaire aussi redoutable ! Imagine-toi une seconde qu'ils aient été plusieurs ! – le Pokémon baissa les yeux – Mais je dois avouer que tu m'étonnes. Tu es devenue forte, Vipélierre.
- Tu crois ? Hésita le petit Pokémon. C'est mon devoir, après tout.

Florizarre secoua son énorme tête.

- C'est MON devoir, de veiller sur cette clairière, et c'est celui des adultes, que de protéger les enfants. Tu ne dois pas mettre ta vie en danger simplement parce que tu as décidé de jouer les héroïnes. Souviens-toi comment ta forêt a été détruite quand tes parents se sont dressés contre les hommes !
- C'est justement pour éviter ça que je dois devenir plus forte ! S'enorgueillit Vipélierre. Si je n'avais pas été si faible...mes parents seraient encore là !
- Tu n'étais qu'un bébé ! Rétorqua Florizarre. Et même si tu es plus forte aujourd'hui, ce n'est pas en prenant autant de risques que tu protégeras les tiens ! Tu pourrais être bien plus utile à ces petits Pokémon si tu étais plus responsable et que tu t'occupais des problèmes à l'intérieur de la clairière !

Vipélierre réalisa la puérilité de son emportement, et se sentit idiote.

- Pardon...fit-elle en baissant les yeux. Tu as raison, Baba.
- Ha...soupira le vieux Pokémon. Tu es bien effrontée, pour ton âge, crois-en la vieille Baba. Je sais de quoi je parle, j'étais un peu comme toi, quand j'étais un Bulbizarre. Je crois que tu tiens ça de moi. C'est moi qui t'ai élevée, après tout, ha ha ha !»

Les deux Pokémon rirent en chœur. Le soir tomba lentement sur la Clairière Fleurie et la journée se termina sur les conversations interminables et habituelles de la doyenne et de sa protégée.

Vipélierre étendit ses longues lianes-fouets, et gagna les hauteurs de son arbre. Elle remua ses souvenirs de la journée, et ce que Baba lui avait alors dit résonnait encore dans sa tête. « Être utile aux Pokémon de la clairière ». Comment faire ? Comment pouvait-elle être utile aux autres si elle ne pouvait pas sortir se battre ? Il lui fallait trouver une réponse. Mais par où commencer ? Qui pouvait l'aider ? Baba ? Baba lui dirait sûrement de rester bien sage sans rien faire, et ça ne lui plaisait pas. Elle devait trouver un autre moyen. 

Elle se leva en silence dans la nuit noire de la forêt et descendit de son arbre. Elle devait en avoir le cœur net. Si elle quittait la forêt de nuit, elle pourrait échapper à la vigilance de Baba, et des terribles Pokémon qui se cachaient en dehors de la clairière. Elle suivit le petit sentier battu qu'avaient créé les Pokémon de la clairière, le seul chemin permettant de sortir de la forêt en sécurité, sans s'enfoncer dans ses méandres incertains. Mais lorsqu'elle arriva à l'orée du sentier, une voix l'interpella.

« Vipélierre, c'est toi ? »

Chapitre II ~ Le prédateur:

Vipélierre se retourna. Dans la clarté de la lune se détachait la silhouette imposante de la doyenne. Elle baissa les yeux mais les releva presque aussitôt, une lueur inhabituelle brillant dans son regard. Elle avait décidé de faire face.

«- Je savais bien que ce jour viendrait, et que je ne pourrais pas te retenir. Cependant, Vipélierre, je te le demande : es-tu sûre de toi ?
- Oui, Baba, je veux devenir meilleure afin de pouvoir protéger la clairière à ma façon. Pour l'instant, je ne suis d'aucune aide ici.
- Si c'est ce que tu crois, dit Florizarre en levant les yeux vers les étoiles, alors vas-y. Sache que je respecte ta décision. Et puis si tu empruntes ce sentier, je me sens rassurée. Tu ne peux pas progresser dans un endroit aussi étriqué, et ton caractère ne supporterait pas la monotonie d'une vie sédentaire. En dehors de la forêt, le monde est vaste et les paysages variés. Tu rencontreras certainement des obstacles, et c'est tant mieux. Mais n'en fais pas trop, d'accord ?
- Je suivrai tes conseils, Baba, tu as ma parole, répondit Vipélierre qui écoutait sagement, comme à son habitude.
- Bien. Me voilà rassurée, dit Baba avec un sourire de satisfaction.

Elle ne savait pas si c'était à cause de la lumière de la lune, mais Vipélierre crut deviner une grande fatigue dans le regard et le sourire de la doyenne. Après tout, elle était vieille et avait beaucoup vécu. Beaucoup œuvré, aussi, pour maintenir la paix dans la Clairière Fleurie. Pendant un instant, un élan d'inquiétude et de tristesse envahit le cœur du petit reptile.

- Baba, est-ce que...
- Tout va bien, la rassura Florizarre, qui semblait avoir deviné, je peux encore m'occuper de la clairière. Et puis mon fils, Herbizarre, est assez grand, et il évoluera à la saison prochaine. Roserade fait bien son travail, lui aussi, tu n'as pas de souci à te faire. Va et n'hésite plus. Tu es comme une petite-fille pour moi, je t'aime, Vipélierre.
- Je t'aime aussi, Baba, fit-elle dans un reniflement, en se blottissant contre le nez de la doyenne. Je te promets de revenir avec de bonnes nouvelles !
- Je le crois sincèrement, Vipélierre. Maintenant file, et ne te retourne pas !
Oui ! »

Vipélierre s'en alla en trottant sur ses deux petits pieds et se fit de plus en plus petite à mesure qu'elle s'éloignait. Florizarre versa une larme, puis deux...il lui semblait a présent pleurer autant que le jour où, lorsqu'elle était Bulbizarre, son grand frère avait quitté la forêt où ils étaient nés, afin de fonder sa propre pouponnière. Elle songeait à son propre départ, et souhaitait de tout cœur que le voyage de Vipélierre soit encore plus beau que le sien. C'est un grand sourire satisfait aux lèvres qu'elle s'en retourna sur sa souche d'arbre pour s'endormir, vieille et fatiguée.



Il était tard, à présent, et le petit serpent traînait des pattes péniblement. Ses paupières se fermaient doucement, et de temps en temps, sa grosse tête devenait trop lourde et basculait en avant. Mais elle se fit violence et se releva : il n'était pas question de s'arrêter avant d'avoir quitté la forêt.

Vipélierre marchait depuis quelques heures déjà, en luttant contre la fatigue. Il fallait trouver un endroit pour dormir : quoiqu'on en dise, une petite pause ne serait tout de même pas de refus ! Elle renifla attentivement, et, après avoir vérifié qu'elle était seule, s'endormit au pied d'un arbre.

Le jeune Pokémon n'eut pas dormi une heure qu'une vibration intense la parcourut de la tête aux pieds. Elle se réveilla en sursaut et se leva d'un bond, aux aguets : quelque chose venait de produire un son puissant très loin d'elle. Sur ses garde, Vipélierre continua sa route, trop curieuse pour succomber au sommeil. Le son avait disparu, mais le serpent voulait en avoir le cœur net. Il se passait quelque chose à l'autre bout du chemin, et elle devait savoir quoi. 

Elle accéléra le pas, en glissant sur la terre, ses pieds minuscules foulant le sol silencieusement et aussi rapidement que les pattes d'un insecte. Une nouvelle fois, la vibration retentit, suivie cette fois d'un son quasi inaudible et aigu à la fois. Vipélierre, déterminée, fila de plus belle, portée par l'étrange onde sonore. Le ciel se teinta de la lueur rosée de l'aube. Puis le reptile se trouva devant une gigantesque grotte. Là, elle s'arrêta net.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Pensa-t-elle. Un trou dans un rocher géant ? Est-ce que c'est une impasse ? »
Elle voulait en avoir le cœur net. Le Pokémon s'engouffra dans la pénombre et disparut.

À l'intérieur, on n'y voyait rien du tout. Sans repère, Vipélierre avançait à tâtons, palpant les parois des murs de ses lianes-fouets pour se repérer. Il faisait froid et humide, et le bruit de petites gouttes d'eau retentissait en écho régulier. Vipélierre marcha des minutes durant, et commençait à se demander où elle allait. Le soleil devait s'être complètement levé dehors et, de toute évidence, la sortie n'était plus très loin car ses yeux s'étaient légèrement habitués à l'obscurité, si bien que le petit serpent pouvait enfin distinguer son environnement à peu près correctement. 

Soudain, les parois de la grotte répercutèrent un son aigu et strident. Vipélierre, alerte, s'arrêta et guetta l'onde. Ce n'était pas le même son qu'elle avait entendu si faiblement dans la forêt. Celui-ci était continu, alors que maintenant, il lui semblait que la stridulation était saccadée en petits segments rapides. Difficile de savoir d'où il venait : il semblait venir de tous les côtés à la fois ! Le Pokémon n'avait pas encore rangé ses lianes, et elle les agitait lentement au-dessus d'elle, sur ses gardes. Le bruit s'arrêta. Immobile, Vipélierre promenait son regard autour d'elle sans bouger la tête. Puis elle avança lentement vers la source de lumière , soucieuse de sortir de la grotte le plus rapidement possible. 

Là, un énorme Pokémon se laissa tomber d'on ne sait où et atterrit directement devant le reptile. Vipélierre sursauta et recula brutalement. Devant elle se dressait un grand Pokémon ailé à la gueule béante, tous crocs dehors. Prise de panique, la petite créature chercha à se glisser vers la sortie à la hâte, mais elle fut terrassée par le cri puissant de la bête. C'était donc d'elle que provenaient ces cris aigus ! Les tympans de Vipélierre vibraient tellement fort qu'ils semblaient sur le point d'éclater. Elle les boucha tant bien que mal, et projeta dans les airs une véritable bourrasque mêlée de feuilles épaisses, avant de se précipiter hors d'atteinte du monstre, derrière un rocher. 
La créature féroce battait l'air de ses grandes ailes et continuait de beugler de toute la puissance de son coffre. Vipélierre voulut profiter du chaos pour sortir de la caverne, mais c'était sans compter sur la puissance du prédateur qui dissipa le nuage de feuilles d'un revers de ses ailes membraneuses. Le petit reptile continua sa course sans flancher : plus que quelques mètres avant la sortie...

Une fois arrivée dehors, elle s'aperçut que le soleil s'élevait déjà bien haut dans le ciel. Mais le monstre cavernicole ne semblait pas affecté pour autant. Il fallait trouver un moyen de s'en débarrasser. Elle se remua les méninges, tandis que son assaillant se rapprochait à toute allure...

Ça y est ! Vipélierre attendit patiemment. Les rayons du soleil commençaient à réchauffer son petit corps, et sa queue en forme de feuille luisait d'un éclat lumineux. Petit à petit, le Pokémon emmagasinait de la lumière ! Cette fois-ci, son appendice caudal brillait de mille feux, ainsi que les yeux du reptile. Elle fit face au colosse et, bouche ouverte, déversa sur lui une multitude de rayons perçants et brûlants. Aveuglé et blessé, il poussa un ultime cri suraigu avant de s'en retourner dans les profondeurs ténébreuses de sa grotte...Sauvée !

À bout de souffle, Vipélierre alla se lover sur une pierre chaude, suffisamment loin pour ne plus voir la caverne terrifiante qu'elle venait de traverser. Là, elle se laissa dormir, épuisée par les événements de sa nuit blanche mouvementée.



Une fois bien reposée, elle fut réveillé par un son doux et régulier, au rythme lent et tranquille. Ce son lui était totalement inconnu, et, après s'être étirée de toutes ses écailles, elle se décida à avancer dans sa direction.

Chapitre III ~ Encore ce son...:

Une odeur de sel, enivrante et douce, emplissait les narines de Vipélierre. Plus elle avançait, plus le roulement tranquille et musical jouait de ses orgues relaxants. De temps à autre, un petit clapotis résonnait sèchement de-ci de-là. Elle arriva au bord d'une falaise et, sous ses yeux ébahis, se déroula soudain plus d'eau qu'elle n'en avait jamais vu. Les yeux écarquillés, rivés sur l'immensité bleue qui se perdait à l'horizon, elle sentit son monde vaciller : quelle splendeur ! L'eau mouvante paraissait vivante et imperturbable et sa surface, parsemée d'une multitude d'étoiles. C'était presque la parade d'autant de Muciole à travers la forêt !

Le serpent recouvra ses esprits et chercha de quoi descendre. Non loin, une pente filait doucement en direction du pied de la falaise. Elle ne se laissa pas prier et descendit avec hâte. Tout à coup, elle se figea littéralement : ses pieds foulaient un sol des plus étrange... Qu'était-ce donc que cette étrange terre ? Pourquoi était-elle si meuble, si molle ? Pourquoi ses pieds s'enlisaient-ils dedans comme dans une boue sèche et granuleuse ? En baissant la tête, le Pokémon s'aperçut que la couleur de cette terre était étrange, elle aussi : elle était aussi pâle que les sentiers de la clairière, et légèrement jaune. Le petit reptile avança d'un pas timide, déséquilibré par l'instabilité de ce sol incroyable. Et elle y prenait goût ! Elle se précipita vers l'étendue d'eau, avec la hâte d'un bébé Pokémon qui découvre la vie, et, à mesure qu'elle avançait, la terre sous ses pieds devint de plus en plus humide. Elle les planta un instant et, fermant les yeux, laissa la brise fraîche souffler entre ses écailles, tandis que l'eau arrosait son petit corps dans son va-et-vient monotone.

Tout à coup, Vipélierre entendit un crissement au loin. Elle ouvrit les yeux pour balayer la rive du regard, et remarqua une silhouette imposante à quelques dizaines de mètres. Un grand Pokémon se tentait debout, les bras croisés dans le dos, et le regard perdu au-delà de l'étendue d'eau. Il semblait serein mais le reptile n'approcha pas pour autant. Parler à un étranger ? Déjà faudrait-il que l'idée lui vienne de parler à quelqu'un d'autre qu'à Baba. Pas question de lever une écaille pour ça ! Tout en claudiquant sur la drôle de terre, elle entreprit de quitter cet endroit fabuleux : il fallait décider d'un endroit ou aller, maintenant qu'elle avait quitté la forêt.

S'asseyant sur une souche, elle commença à faire le point. Depuis qu'elle avait quitté la forêt, elle n'avait pas pu dormir en paix. D'abord, ce sifflement aigu et indéfinissable, puis ce gros monstre assoiffé de sang et ses cris assourdissants, et enfin, cette étendue d'eau merveilleuse, et l'étrange terre qui la bordait... Autant d'expériences nouvelles et mystérieuses auxquelles elle cherchait des réponses, mais pour l'heure, elle devait surtout trouver sa destination et son but. Pourquoi était-elle partie ? Pour devenir plus forte ? Mais qui pouvait lui apprendre une chose pareille ? Où ? Comment ? Vipélierre se creusa les méninges...

Soudain, le son de la forêt envahit de nouveau son gros crâne de bébé serpent. « Encore ce bruit ! » pensa-t-elle, oubliant d'un coup le sujet de sa réflexion intense. Comme envoûtée par cette vibration inconnue, elle se dressa sur sa souche, et ferma les yeux, à l'affût. Le son avait changé de provenance, depuis la dernière fois. Un peu plus à l'Ouest, peut-être ? Elle descendit et, sans attendre, se précipita vers la source du son. Le soleil était bien haut dans le ciel, à présent, et Vipélierre débordait d'énergie. Elle suivait un chemin assez peu naturel, bordé çà et là de quelques fleurs, parfois d'arbres bien plus maigres que ceux de la Clairière Fleurie.

Essoufflée, elle s'arrêta un moment sur une racine hors du sol. Pourquoi cherchait-elle tellement à atteindre ce son ? Par curiosité ? Est-ce que son instinct lui dictait de s'en approcher ? Peut-être, après tout, était-ce là un indice sur la route à suivre vers son but, aussi incertain soit-il. Ou peut-être même courrait-elle droit en direction d'un danger sans nom ? Elle l'ignorait, mais l'envie de le découvrir était plus forte que sa raison. La blessure que lui avait infligé Scarabrute la titillait encore un peu. Elle se concentra de nouveau pour détecter cette intrigante vibration. Plus rien. Voilà qu'elle s'était à nouveau perdue dans sa course. Elle l'était d'ailleurs tout court, et pour la première fois, elle ressentait un peu d'inquiétude... Si elle devait attendre que le son revienne, combien de temps est-ce que ça durerait ? Et s'il ne revenait pas du tout ? Depuis un moment, il lui semblait que les questions ne se bousculaient que trop dans sa cervelle, et ce n'était pas pour la rassurer. Peu à peu, le serpent se demanda s'il avait bien fait de quitter sa forêt sur un coup de tête... Non ! Baba ne lui pardonnerait jamais de baisser les pattes aussi vite !

Elle secoua nerveusement la tête comme pour chasser ses mauvaises pensées et, le regard brûlant, se remit en route en prenant soin de marcher tout droit, dans la direction qu'elle avait déjà choisie. Même si le son s'était arrêté, elle allait continuer pour ne pas perdre sa trace. D'un pas assuré, elle glissait, comme à son habitude, agile, souple et silencieuse. Le temps passait et le petit Pokémon perdait un peu de son endurance. Le soleil tapait beaucoup trop et ce n'était plus du tout agréable. Peut-être devait-elle s'arrêter un instant et descendre vers l'étendue d'eau géante qui, de toute évidence, l'avait suivie tout ce temps. Mais Vipélierre se ressaisit et se dit avec raison que ça pouvait attendre. Comme elle se perdait dans sa réflexion, elle ne vit pas bifurquer le chemin, et chuta brusquement dans le vide, sa tête heurta le sol et elle perdit connaissance.


Dernière édition par Baba [Florizarre] le Jeu 22 Juin - 20:57, édité 3 fois
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Re: POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre

Message par Baba [Florizarre] le Jeu 15 Juin - 16:52

Chapitre IV ~ Roigada:

Trois jours déjà que Vipélierre était partie, et cela ne semblait affecter personne dans la Clairière Fleurie. Personne sauf Baba. Du haut de sa souche, la doyenne avait du mal à trouver le sommeil, malgré les ravages du temps. Le sort de sa protégée l'inquiétait, et elle s'interrogeait quant à savoir s'il avait été raisonnable de sa part de la laisser partir, si jeune, seule à travers le monde. Elle n'était qu'un bébé, et n'avait pas la solidité de l'Herbizarre qu'elle-même avait été du temps de son voyage. Elle n'avait parlé à personne du départ de Vipélierre, si ce n'est à son entourage direct, qui la rassurait depuis lors. Les Bulbizarre chargeaient les Lombre de porter à leur chef un peu d'eau pour rafraîchir ses os et sa peau. La clairière, heureusement, se portait bien, et aucun incident n'était encore survenu depuis l'escapade de Rozbouton. Le chef des Scarabrute – un peu plus diplomate que ses sous-fifres, et bien qu'un peu bourru lui-même – avait accepté de s'entretenir avec le fils aîné de Florizarre afin de négocier un petit armistice et dissiper les tensions.
Ce jour-là, Baba Florizarre reçut une visite des plus inattendues. Roserade lui-même se présentait à la grande souche.
- « Que veux-tu donc, mon enfant ? l'interrogea Baba. Il est rare de te voir t'adresser aux autres le premier, qu'est-ce qui peut troubler ainsi ton cœur ?
- C'est la petite Princesse, mademoiselle Vipélierre, déclara-t-il d'une voix claire et tendre. Je ne la vois plus, ces derniers temps.
- Tu t'inquiètes donc pour Vipélierre ? s'étonna-t-elle. Je ne savais pas que la petite t'intéressait autant, mais après tout, vous vous ressemblez beaucoup tous les deux, hahaha !
- Que voulez-vous dire ?
- Bah, soupira la doyenne. Laissons-là cette affaire. Si tu veux savoir, sache qu'elle a quitté la forêt.
- Que dites-vous ? Mais pourquoi donc voudrait-elle quitter l'endroit sur lequel elle aimait à veiller ?
- Roserade, mon chéri, je suis chef de cette clairière depuis très longtemps. Jadis, lorsque mon âge et mon statut m'y obligèrent, je dus partir de ma colonie pour fonder la mienne à mon tour. Je suis arrivée ici il y a si longtemps que je crois bien que le temps lui-même ne s'en souvient plus. J'étais déjà bien vieille quand j'ai trouvé ce petit Rozbouton effrayé et timide, accroché fermement à ce qui restait d'un arbre noirci par le feu. J'avais peur de le laisser mourir ici, mais peur aussi de l'incompréhension et du rejet des habitants de la clairière. J'ai prié la colonie de l'accepter en son sein, et j'ai moi-même élevé ce petit bout de chou pour en faire le grand et robuste Pokémon que tu es, Roserade. Nous avons cru à de nombreuses reprises que tu ne t'en sortirais pas vivant, car tu étais fragile et malade. Mais ta volonté de vivre a été plus forte que tout et tu t'es rétabli. Puis tu as choisi de montrer ta gratitude en protégeant la clairière à mes côtés. Quand j'ai reçu la visite de Majaspic, la reine de la forêt voisine, et qu'elle me conta la destruction inéluctable de ses contrées par les hommes, je compris, dans le regard perdu de son enfant, que le seul espoir de survie qui lui restait était entre mes lianes. J'ai revu en elle tout le désespoir de son peuple, et toute la fragilité de ce que tu avais été. Je l'ai élevée comme mon enfant. Vous êtes mes enfants, Roserade, elle comme toi. Mais elle est trop téméraire pour son âge, et elle n'a pas eu ta patience. Cette forêt est bien trop petite pour elle, et pour toutes les questions qu'elle se pose sur elle-même. Elle voulait trouver un sens à sa vie et je l'ai laissée partir.
- Mais...fit Roserade, qui avait bu les paroles de Florizarre sans l'interrompre, est-elle seulement prête pour ça ? N'est-elle pas qu'une enfant ? Laissez-moi l'accompagner dans son voyage, nous enverrons un oiseau la localiser, et...
- Je te trouve bien bavard, mon enfant, hahaha ! Non, Roserade, je crois en Vipélierre comme j'ai cru en toi lorsque la maladie menaçait ta vie. Elle serait blessée dans son orgueil si tu l'aidais. Et elle penserait que je t'envoie parce que je n'ai pas confiance en elle. Laisse-la trouver ses propres réponses, ton rôle et de veiller sur nous tous, comme je le fais, tant que j'en ai encore la force.
- Bien, Dame Florizarre, dit-il en s'inclinant.
- Ne soit pas si formel avec moi, je te l'ai toujours dit, soupira-t-elle. Je serai toujours ta vieille Baba. Après tout, c'est toi qui m'a donné ce surnom. »
Roserade sourit, ce qui était rare chez lui. Soulagé, il fit à nouveau la révérence, et s'en retourna dans les profondeurs des feuillages, en sautant silencieusement de branche en branche, sous le regard bienveillant de la doyenne.
Discuter avec Roserade avait remit les idées en place dans la tête de Florizarre, et à présent, elle se sentait plus sereine. Elle souriait en repensant à son petit Rozbouton devenu si fort et si beau, ainsi qu'à la petite Princesse – son surnom était-il une simple coïncidence ? – à elle si chers et si précieux. À présent qu'elle se sentait mieux, il fallait qu'elle s'occupe des affaires du jour et qu'elle s'assure qu'aucun Pokémon ne s'était attiré d'ennuis.

Vipélierre ouvrit péniblement ses paupières encore lourdes de sommeil. Que lui était-il arrivé ? Une violente douleur traversait sa tête de part en part, et elle peinait à la soulever. Lorsqu'elle ouvrit complètement les yeux, elle constata qu'au-dessus d'elle ni le ciel ni les branches d'un arbre ne se dressaient, mais plutôt une sorte d'étrange cloison. Elle se redressa au prix d'efforts considérables et scruta les alentours. De toute évidence, elle était à l'intérieur, mais elle ignorait de quoi. Diverses formes inconnues s'empilaient çà et là autour d'elle, et elle se demandait ce que ça pouvait bien être. À côté d'elle, une petit ouverture pratiquée dans la cloison permettait de jeter un œil au-dehors, ce qu'elle s'empressa de faire. Elle pouvait distinguer la même étendue d'eau « vivante » qu'elle avait vu il y a environ...au fait, depuis combien de temps dormait-elle ?
Un pan de la cloison pivota comme par magie, et un Pokémon imposant entra. Effrayée, Vipélierre recula de surprise et, par réflexe, brandit férocement ses lianes-fouets, dans une attitude de menace. Le Pokémon leva ses pattes avant dans un geste de diplomatie : « Eh là, eh là ! » fit-il calmement, en souriant. Le reptile dévisagea son hôte et lui trouva un air familier, mais réfléchir lui donna une nouvelle migraine. La créature la rassura et l'allongea de nouveau. Elle appliqua une feuille humide sur son front et prit la parole.
- « Alors tu es revenu à toi, petit bonhomme ? l'interrogea-t-elle de sa voix lente et calme. Comment te sens-tu ?
- J'ai...un peu mal, réussit à dire le petit serpent.
- Je n'ai pas besoin de l'entendre pour le deviner, fit le Pokémon en riant. Tu devrais encore te reposer, ajouta-t-il. As-tu un nom, mon petit ?
- Je m'appelle Vipélierre...de la...Clairière Fleurie...
- Enchanté, Vipélierre, repose-toi encore un peu, je vais te chercher une autre feuille.
- Excu...sez-moi, l'arrêta-t-elle. Qu'est-ce que je fais...ici ? Et...depuis com...bien de temps est-ce que je dors ?
- Tu poses trop de questions, répondit le Pokémon. Ne te fatigue pas. Tu es ici parce que tu as fait une chute interminable et que tu as été gravement blessée. Et ça fait à peu près trois jours que je t'ai...
- Trois jours ?! fit le reptile en se redressant d'un coup. Ça fait trois jours que je dors ? Mais c'est terrible ! Je dois...aïe !
- Je t'ai dit de ne pas te fatiguer, rappela le Pokémon sereinement. Je ne sais pas ce que tu dois faire, mais ça va devoir attendre, ta santé est plus importante que tout.
- Oui, vous devez avoir raison...mais attendez...je crois savoir où je vous ai vu ! Vous êtes le Pokémon qui regardait au loin, devant la grande mare !
- La grande mare ? S'interrogea le Pokémon. Ah, tu veux dire la mer ! Il est vrai que j'aime passer le temps à scruter l'horizon, c'est un peu comme un passe-temps, haha !
- La... « mer » ? demanda Vipélierre, qui ne comprenait plus. Qu'est-ce que c'est que ça ?
- La mer, répondit son interlocuteur, c'est une immense étendue d'eau, si grande qu'on n'en voit jamais le bout. Elle est tout le temps en mouvement, comme si elle respirait, et je suis persuadé qu'elle est vivante. Des milliers de Pokémon la peuplent, et c'est un endroit aussi mystérieux que merveilleux !
- Que c'est beau... Mais alors vous savez aussi sans doute pourquoi la terre est aussi étrange devant la « mer », non ?
- Ce n'est pas de la terre, sourit le Pokémon. C'est du sable. Et s'il est aussi mou, c'est qu'il est composé de plein de grains minuscules, comme de toutes petites pierres.
- C'est incroyable, pensa la Princesse à voix haute, c'est incroyable...
- Maintenant, je vais devoir te laisser, ajouta l'hôte. Repose-toi bien, et si tu as faim, tu peux chercher dans les boîtes, ces objets autour de toi.
- Merci, répondit-elle d'un hochement de la tête. »
Puis, avant que le grand Pokémon ne lui fausse compagnie, elle l'interpella :
- « Dites-moi, quel est votre nom ?
- Moi ? répondit-t-il ? Je m'appelle Roigada ».

Chapitre V ~ Donjons Mystère ?:

Repue et enfin d'aplomb, Vipélierre était sortie de la hutte pour explorer son environnement. Des tas d'autres huttes étaient construites un peu partout, et Vipélierre nota la présence d'un bon nombre de Pokémon inconnus. L'endroit, dans sa disposition, ressemblait un peu à l'organisation de la Clairière Fleurie, mais l'environnement était très différent. Peu d'arbres, beaucoup de roche, et un ciel bleu à perte de vue. En regardant à sa droite, elle constata également que la mer continuait à respirer à son rythme tout autour. Un étrange morceau de bois était planté à côté de la porte de la hutte, et des dessins incompréhensibles y étaient tracés.
- « Tu t'intéresses à ce panneau ? dit une voix familière.
- Qu'est-ce qu'un « panneau » ? demanda Vipélierre à son hôte, qu'elle reconnut à sa droite.
- C'est ce morceau de bois, devant toi.
- Et les dessins, dessus ?
- Ça, ce sont des mots. Je crois que tu ne sais pas lire, je me trompe ?
- « Lire »...répéta Vipélierre. Je ne savais pas qu'on pouvait dessiner les mots sur des morceaux de bois.
- Ça s'appelle l'écriture, et l'on ne dessine pas, on « écrit ». Sur ce panneau, il est écrit « maison de Roigada ».
- Comment ? s'étonna le reptile. Tous ces dessins pour trois mots ?
- Hahaha, ça va être plus compliqué que prévu ! s'amusa Roigada. Ne t'inquiète pas pour ça, je pense que tu as mieux à faire, pour le moment. Quand je t'ai trouvée au fond de ce ravin, qu'est-ce que tu voulais faire ?
Vipélierre se tritura les méninges. Sa mémoire était un peu floue à cause du choc, et elle avait tellement dormi. Elle se souvint qu'elle avait quitté sa forêt, qu'elle avait été attaquée par un Pokémon des cavernes et...plus rien. Elle raconta son périple au Pokémon en face d'elle.
- Je vois. Pourtant, il doit bien y avoir une raison qui t'a entraînée aussi loin dès le premier jour de ton voyage. Je me demande ce que tu as bien pu faire.
- Je sais aussi...commença Vipélierre. Non, c'est idiot.
- Je ne crois pas que ça le soit, la rassura Roigada en souriant. N'aie pas peur.
- Je sais aussi que je suis partie pour trouver un moyen de devenir plus forte. Je viens d'une colonie qui a besoin d'être protégée, mais Baba et Roserade s'en occupent très bien. Je pense pourtant que je dois m'endurcir, pour pouvoir m'occuper de la Clairière Fleurie, moi aussi, quand Baba ne sera plus là. Mais je ne sais pas par où commencer...
- Tu n'as pas besoin de te précipiter, dit Roigada en regardant au loin. La force ne s'acquiert pas aussi vite et aussi facilement que tu ne le crois. Et il ne suffit pas que tu saches te battre.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda le petit Pokémon. De quoi est-ce que j'ai besoin ?
- Tu es bien curieuse, mon petit, fit-il en ramenant son regard doux sur elle. Ça, tu vois, personne ne peut te le dire.
- Mais pourquoi ? insista-t-elle.
- Il n'y a que toi qui connaisses la réponse, Vipélierre. Mais pour l'heure, si tu veux vraiment t'entraîner à te battre, je peux te conseiller le Dojo Brutalibré, à l'autre bout du village. Brutalibré est un bon petit gars, tu verras, il ne refuse jamais un nouvel élève.
- Dojo ? Village ?
- Je t'expliquerai tout ça en chemin, viens avec moi. »

Les coups résonnaient dans la salle. Un petit rang de Pokémon frappait frénétiquement en cadence sur de gros rondins de bois, essoufflés mais déterminés. Un Pokémon un peu trapu et pas bien grand supervisait l'entraînement en criant des instructions et des encouragements. Il corrigeait la stature de certains, en félicitait d'autres, et parfois, donnait des explications techniques. Lorsque Roigada ouvrit la porte du dojo, il fut ravi de le voir.
- « Roigada ! fit-il, le sourire au lèvres, en s'avançant vers lui. Quel plaisir de te voir ici !
- Bonjour, Brutalibré, dit Roigada dans un sourire. Comment va l'entraînement ?
- Ces petits sont vraiment prometteurs, constata le Pokémon. Ils s'entraînent sans relâche et on sent les résultats de leurs échauffements ! Qu'est ce que c'est que ce petit bout de chou que tu nous amènes là ?
- Je te présente Vipélierre, une petite nouvelle, elle vient des forêts de l'Est.
- Des forêts de l'Est ? Eh bien ça fait une petite trotte, dis-moi ! Si tu veux t'entraîner ici, t'es la bienvenue ! Moi, c'est Brutalibré, je suis un coach du catch, hahaha !
- Toujours aussi farceur, notre Brutalibré ! Alors, qu'est-ce que tu en dis, Vipélierre, tu veux essayer de...
- Non merci, répliqua sèchement le petit Pokémon.
- Eh bien ? s'étonna Roigada. Qu'est-ce qui nous vaut ce changement de décision ?
- Je ne suis pas intéressée, c'est tout. Si vous voulez bien m'excuser. »
Le serpent pivota sur ses pattes et sortit du Dojo, sous le regard étonné de Roigada et de Brutalibré. Ils se regardèrent d'un air incompréhensif et haussèrent les épaules sans mot dire, un peu surpris et déçus.
Roigada trouva Vipélierre près d'un arbre, légèrement en retrait du village. La petite Princesse le frappait en rythme de ses lianes-fouets, impassible.
- « Tu as décidé de t'entraîner seule ? l'interrogea le grand Pokémon.
- Je n'aime pas la foule, répondit le reptile sans se détourner de son activité.
- Mais les élèves de Brutalibré sont très calmes, tu sais.
- Ça m'est égal. Je préfère être seule.
- D'accord, se résigna Roigada. Mais pourquoi est-ce que tu t'entraînes déjà ?
- Je ne veux pas perdre de temps.
- Ha ha ha ! Tu es si sérieuse ! Tu sais, ce n'est pas mal, de relâcher un peu la pression, de temps en temps.
- Faites ce que vous voulez, ça m'est égal. Moi, je ne perdrai pas plus de temps. Je dois vite devenir forte, pour protéger la colonie. Je ne peux pas perdre la face devant Baba et les autres. Libre à vous d'être un Pokémon pataud et bon vivant si ça vous chante.
- Bien, répondit-t-il. Si tu as besoin de moi, je serai dans ma hutte. »
Souriant et imperturbable, Roigada s'en alla en chantonnant. « Quel mollasson » pensa Vipélierre, toute à son entraînement.
« Au secours ! ». Un petit Pokémon affolé courait dans tous les sens. Il était paniqué et se déplaçait maladroitement, en agitant ses petites pattes avant. « Quelqu'un, à l'aide ! » s'écriait la pauvre créature. Alertée par les cris, Vipélierre stoppa net son entraînement et se précipita. Un Pokémon était dans la panade, il avait besoin d'elle. Arrivée à hauteur du Pokémon en détresse, elle essaya de le calmer.
- « Qu'est-ce qui t'arrive ? Que s'est-il passé ?
- C'est mon ami, il a disparu ! Nous étions en pleine exploration d'un Donjon Mystère, et le voilà qui s'évapore ! Je l'ai cherché pendant des jours, et toujours pas la moindre trace !
- Un Donjon Mystère ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Il faut demander ça à m'sieur Roigada ! Moi je ne suis pas très bon pour les explications, fit le petit Pokémon en baissant les yeux.
- Peu importe, il faut faire quelque chose pour ton ami. Qui es-tu ? Et comment s'appelle ton ami ?
- Moi, c'est Galvaran, répondit le Pokémon, un petit reptile pas plus grand que Vipélierre, aux grands yeux bleus. Et mon ami s'appelle Mucuscule.
- Galvaran et Mucuscule... compris. Et où vous êtes-vous séparés ?
- Au sommet du Mont Glacé, sanglota Galvaran. Vous savez, Mucuscule n'est pas très débrouillard, et il doit avoir peur et froid, tout seul, je me fais tellement de souci pour lui !
- Dans ce cas, je vais le sauver, dis-moi où je dois aller et...
- Halte-là, mon petit, intervint tout à coup la voix de Roigada. Où comptes-tu aller comme ça ?
- Roigada ? Qu'est-ce que vous faites là ? interrogea Vipélierre.
- Quelqu'un m'a dit que le petit Galvaran était en difficulté. Et je vois que c'est effectivement le cas.
- Oui, d'ailleurs, je dois me dépêcher, son ami Mucuscule s'est perdu dans le Mont Glacé, je n'ai pas une minute à...
- Je ne peux pas te laisser y aller, soupira Roigada. C'est beaucoup trop dangereux, et tu es vulnérable, surtout seule. Si encore tu étais accompagnée...
- Encore ! s'indigna Vipélierre. Je vous ai dit que je ne voulais pas d'aide ! Et puis je sais me battre ! - - Vous êtes pareil que Baba, au fond, vous ne croyez pas en moi.
- Après avoir entendu ton histoire, je n'ai pas l'impression qu'elle ne croit pas en toi, Vipélierre. Écoute, je suppose que tu ignores ce que sont les Donjons Mystère, n'est-ce pas ? demanda-t-il.
- Les Donjons Mystère...ah oui, Galvaran parlait d'un endroit comme ça. Qu'est-ce que c'est ?
- Personne ne sait exactement d'où ils viennent, ni pourquoi. Mais récemment, beaucoup on fait leur apparition dans le pays. On raconte que ce sont des endroits à priori tout à fait normaux, mais que chaque fois qu'on y entre, le paysage est différent. Impossible de retrouver son chemin sans être bien préparé. C'est pourquoi nous envoyons des équipes spéciales les explorer. Ce sont des petits groupes de Pokémon entraînés exprès pour ce genre d'explorations.
- Des équipes spéciale ?
- Oui, nous les appelons « équipes de secours ». Je vais d'ailleurs devoir en envoyer une à la recherche de Mucuscule.
- Merci, m'sieur Roigada, fit Galvaran en reniflant. »
Roigada tapota la petite tête ronde du Pokémon et tourna les talons, suivi d'une Vipélierre intriguée.
- « Une équipe de secours ? Vous avez une idée de qui vous allez envoyer ?
- Je crois bien que oui, répondit Roigada en souriant. »
Ils arrivèrent à hauteur d'un petit muret de pierre derrière lequel se trouvait un grand Pokémon a l'air costaud.
- « Bonjour, Grolem, salua Roigada.
- Bonjour à toi, Roigada, sourit le Pokémon nommé Grolem. Tu es ici pour une mission ?
- C'est à peu près ça, répondit-t-il. J'aimerais envoyer Grenousse au Mont Glacé.
- Au Mont Glacé ? Mais ce petit n'a pas effectué beaucoup de missions, tu sais ? C'est peut-être un peu dangereux pour lui...
- Je crois en lui. Ce petit est tout à fait prometteur et d'une maturité étonnante ! Et puis il est accompagné de Débugant et Solochi.
- C'est justement cette dernière qui m'inquiète, soupira Grolem. Et la fameuse mission de Pyroli, tu ne te souviens pas de la tournure qu'ont pris les évènements ?
- Tu te fais trop de soucis, ma chère Grolem, tant que ces trois-là restent ensemble, je suis serein.
- Soit, je vais les prévenir. Sonistrelle !
Un petit Pokémon volant avec de grandes oreilles arriva précipitamment.
- Oui, Madame ? fit Sonistrelle d'une petite voix aiguë.
- Va vérifier que Grenousse, Débugant et Solochi sont bien chez eux, ils ont une mission.
- Compris ! »
Et le petit Pokémon s'éloigna, très rapide pour ses petites ailes. Vipélierre, qui s'était tue tout le long, interrogea Grolem.
- « Qui sont ces Pokémon ? demanda-t-elle, intriguée.
- Grenousse et ses amis ? Ce sont des petits bleus dans l'exploration. Ils n'ont pas encore eu beaucoup de missions, mais ils sont assez efficaces. Et toi, tu es ?
- Vipélierre, Madame. De la Clairière Fleurie.
- Enchantée, Vipélierre.
- Dites-moi, vous parliez d'un Pokémon un peu problématique...
- Solochi ?
- Qu'a-t-il de spécial ? demanda Vipélierre.
- Oh, elle n'est pas méchante, répondit le gros Pokémon. Seulement, Solochi est un peu instable. Elle ne parle pas et passe son temps à manger et à dormir. Mais un jour, pendant une mission, elle a perdu le contrôle d'elle-même et s'est mise à attaquer ses compagnons. C'est un Pokémon un peu impulsif, et dans ses accès de colère, il lui arrive de craquer. On ne sait pas d'où ça vient, mais elle semble en souffrir.
- Ah...soupira le reptile. C'est pour ça que je déteste m'associer avec les autres. Ils ne vous causent que des ennuis.
- Revoilà Sonistrelle, constata Roigada.
Sonistrelle était accompagnée d'une petite troupe de Pokémon. Le premier était très petit. Il avait la peau bleue, de grand yeux et un collier de mousse blanche. Le second, à peu près aussi grand que Vipélierre, était assez maigre et se tenait droit sur ses pattes arrières. Et le dernier était un Pokémon un peu plus gros que les autres, noir et couvert de petites égratignures, les yeux dissimulés sous une touffe de poils.

Chapitre VI ~ Grenousse, Débugant et Solochi:

[Sonistrelle était accompagnée d'une petite troupe de Pokémon. Le premier était très petit. Il avait la peau bleue, de grand yeux et un collier de mousse blanche. Le second, à peu près aussi grand que Vipélierre, était assez maigre et se tenait droit sur ses pattes arrières. Et le dernier était un Pokémon un peu plus gros que les autres, noir et couvert de petites égratignures, les yeux dissimulés sous une touffe de poils.]
- "Vous nous avez appelés ? Demanda le plus petit d'entre eux.
- Bonjour Grenousse ! Débugant, Solochi.
Les deux petits Pokémon inclinèrent la tête.
- Est-ce que ce sont les Pokémon dont vous parliez ? Murmura Vipélierre à l'oreille de Roigada.
- Tout à fait, fit-il en souriant. 
Grenousse lança un regard curieux au serpent, qui détourna la tête d'un air dédaigneux. La grenouille eut une grimace d'étonnement.
- Les enfants, j'ai une mission de sauvetage pour vous. Le petit Galvaran s'est retrouvé séparé de son ami Mucuscule. Et ce dernier est resté coincé quelque part sur le Mont Glacé.
Grenousse sursauta.
- Le Mont Glacé ? Vous voulez dire CE Mont Glacé ? S'empressa de demander la grenouille.
- CE Mont glacé, Grenousse. Répéta calmement Roigada. D'après le rapport de Galvaran, son ami Mucuscule et lui exploraient le Mont Glacé à la recherche de pierres de braises. Est-ce que tu vois où je veux en venir ?
- Je...crois savoir, oui, répondit-il d'un air très sérieux.
- Bien. Je t'ai appelé précisément parce que je sais que ça pourrait constituer un indice précieux pour tes recherches, mais je ne peux t'y envoyer qu'à une condition. Il me semble que tu la connais, je me trompe ?
- Ne pas sortir des chemins, dit Débugant, le Pokémon maigrelet, comme on récite une leçon.
- En dehors des chemins, la poudreuse recouvre tout. Le blizzard est violent, et tu pourrais te perdre à jamais. On ne sait pas vraiment ce qui se trouve dans ces zones risquées, mais ce qui est sûr, c'est que depuis un certain temps, des Pokémon sûrement très dangereux ont du y élire domicile. Le sauvetage de Mucuscule est une mission de rang C. C'est le maximum que je t'autorise à faire. Mais si tu t'aventures au-delà des limites autorisées, ça deviendra une mission de rang A. Si tu ne le trouves pas dans les limites de sécurité, reviens ici immédiatement. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Je vous le promets, répondit Grenousse."
Vipélierre se tourna vers Roigada
- Dites.
- Je t'écoute, mon enfant.
- Pourquoi ce Grenousse vous obéit-il aussi docilement ? Est-ce que c'est un trouillard, ou quelque chose comme ça ?
- Comment ? S'écria l'amphibien.
- Ha ha, non, mon petit ! Disons que je suis un peu leur supérieur. Je m'occupe de leur attribuer des missions du tableau d'affichage.
- Waouh, eh ben, fit le reptile, pas tellement impressionnée. Remarquez, pourquoi pas. Quand on n'est pas capable de gérer une affaire seule, un patron en plus ou en moins, au point où on en est, c'est du pareil au même.
- Maître !
- Ha ha ha ! Gloussa le gros Pokémon. Tu y vas un peu fort ! Les missions de sauvetage sont périlleuses, même les plus simples ! Et puis rappelle-toi qu'elles ont lieu dans des Donjons Mystère ! Et notre guilde se charge d'explorer ces lieux uniquement. C'est dans ce but qu'elle a été créée.
- "Guilde"? Qu'est-ce que c'est ?
- L'organisation qui recrute et forme les équipes d'exploration des donjons. Il existe des équipes de découverte, de sauvetage, et bien d'autres encore.
- Une organisation qui forme des équipes de Pokémon...a-t-on réellement besoin de ça ? Si vous voulez tellement être efficaces, vous n'avez qu'à vous entraîner au lieu de compter sur le nombre.
- Est-ce que tu insinues que nous sommes faibles ? s'indigna Grenousse, qui commençait à perdre patience.
- Faibles et lâches, rétorqua-t-elle sèchement. Vous n'avez pas confiance en votre propre force et vous vous protégez dans le surnombre.
- Espèce de... !
- Oh là, oh là, intervint Roigada, en les séparant calmement dans un sourire. Ne croyez-vous pas qu'il faille s'occuper de choses plus urgentes ? Grenousse, Débugant, Solochi, je n'ai pas eu votre réponse. Voulez-vous accepter cette mission ?
- Bien entendu, se reprit Grenousse. Nous nous en sentons la FORCE, même si nous sommes trois ironisa-t-il.
- Ou deux et demi, vu le danger public qu'ils se trimbalent...marmonna le reptile.
- Je n'y vois pas d'inconvénient, répondit également Débugant au maître.
Solochi émit un grognement d'approbation.
- Bien, termina Roigada. Je vous invite à vérifier votre équipement et à le compléter si besoin est."
Furieux, Grenousse s'éloigna, suivi de ses compagnons.

Les trois Pokémon rentrèrent chez eux commencer les préparatifs pour la mission. Il disposaient dans un grand coffre en bois toutes sortes d'objets achetés, trouvés lors de missions, ou donnés en récompense. Tandis que Débugant en remuait le fond pour trouver ce qui pouvait leur être utile, Grenousse faisait les cent pas en fulminant.
- "Non mais d'où elle sort, cette pimbêche ? Qu'est-ce qu'elle veut, à la fin ? Un manque de respect pareil, je vais lui apprendre, moi !
- Tu ne devrais pas t'inquiéter pour ça, c'est sûrement dans son caractère. Tu devrais penser à notre mission.
- Bien sûr, trouve-lui des excuses ! Tu as vu sur quel ton elle nous a parlé ? Elle nous a traités de lâches et de faibles !
- Je sais bien, c'était très impoli de sa part...mais nous sommes envoyés au Mont Glacé, et je suppose qu'à tes yeux, c'est quelque chose de plus important qu'une simple dispute avec une étrangère, non ?
- Tu...tu as raison. Le Mont Glacé, hein...nous approchons du but, ce serait idiot de ne pas mettre tout ce qu'on a dans cette mission.
- Je te reconnais bien là, Boss !"
Enfin calmé, Grenousse, qui était le leader de son équipe, se tourna vers ses camarades.
- "Bien, on va commencer par l'équipement, si vous voulez bien.
- Je n'y vois pas d'objection, sourit Débugant.
- GAO ! Grogna Solochi, ce qui ne signifiait pas forcément qu'elle avait compris ce que disait Grenousse.
- Étant donné qu'on sera soumis à des températures extrêmes, on devrait s'équiper de baies Willia. Juste au cas où, non ? Demanda Débugant.
- Pas faux ! Je me charge du stock de baies et des provisions de nourriture. Tu as déposé l'argent de la dernière mission dans la cagnotte commune ?
- Je m'en occupe. Ah, et je voulais te dire, j'ai trouvé ce que tu voulais : une carte du Mont Glacé !
- Mais les Donjons Mystère sont...
- Je sais bien, l'interrompit-il. Ce n'est pas vraiment une carte, mais plus un almanach des changements du paysage. Il est basé sur des cycles plus ou moins réguliers de réorganisation dans la topographie des lieux. Si l'on en croit...
- Aaah, d'accord, d'accord ! Explosa Grenousse. Je ne comprends rien à ton charabia...Mais ce que tu as ici a tout de même l'air sacrément utile ! Merci, Débugant !
- Il n'y a pas de quoi, boss !
- Rhâ...arrête de m'appeler "boss" ! On est amis, non ?
- Oui, je suis désolé, dit-il en souriant."
De retour aux portes du village, Grenousse et ses amis retrouvèrent Roigada et Grolem.
- "Nous sommes prêts ! Dit Grenousse.
- Grolem, si tu veux bien ouvrir les portes.
- Entendu. »
Grolem ordonna l'ouverture, et les deux Pokémon rocheux qui gardaient le lieu s'attelèrent à leur tâche. Vipélierre soupira. Elle trouvait toute cette organisation stupide et inutile. Grenousse, de son côté, était de mauvaise humeur, et se demandait d'ailleurs ce que faisait ce Pokémon de la forêt dans les parages. Si c'était pour lui manquer de respect gratuitement, elle aurait pu rester chez elle ! Les trois Pokémon avancèrent, et Roigada retint Grenousse un instant.
- "Surtout, n'en fais pas trop. Je t'ai envoyé là-bas parce que je sais que tu en as très envie. Mais si tu ne trouves pas les indices que tu cherches, tu devrais abandonner. Cet endroit est condamné, tu le sais.
- Je sais bien, grinça le petit Pokémon. Je sais bien...
- Courage, je suis sûr que tu trouveras des réponses à tes questions !"
Grenousse sourit faiblement et s'empressa de rejoindre ses coéquipiers, foudroyant au passage Vipélierre du regard.
- "Allons, allons, dit Roigada. J'ai du travail, moi, en piste ! Vipélierre, que comptes-tu faire ?
- M'entraîner.
- Encore ? N'as-tu pas mieux à faire que passer tes journées à frapper des troncs d'arbre ?
- Vous avez un meilleure proposition, peut-être ? Rétorqua sèchement le Pokémon. J'imagine que vous ne me laisserez pas les suivre, de toute façon.
- Mh, dans le principe non. Pour ça, il te faut être inscrite à la guilde, et je ne peux pas envoyer plus d'une équipe par mission.
- Dans ce cas, donnez-moi une mission rien qu'à moi ! Je ne gênerai personne !
- C'est faisable, je pense. Si tu t'inscris à la guilde, tu pourras faire équipe avec de jeune recrues comme toi, qui n'ont pas encore de camarades.
- Quoi ? Je suis obligée de faire équipe ? Roigada !
- Je te l'ai déjà dit, non ? Ces missions sont très dangereuses, même pour des Pokémon vétérans. Je ne peux pas te laisser partir seule.
- Vous êtes vraiment incroyables, tous autant que vous êtes ! Éructa le reptile, avant de s'éloigner avec fureur."
Vipélierre flanqua un grand coup de tête au premier arbre qu'elle rencontra. La douleur du choc la fit grimacer et enrager de plus belle.
- Qu'est-ce qui ne va pas, ici ? C'est encore pire que la clairière ! "Je ne peux pas te laisser faire ça, c'est dangereux"...et puis qu'est-ce qu'ils ont à s'agglutiner en troupeaux ? Roserade n'a besoin de personne, lui, c'est un Pokémon fort et solitaire ! Si seulement il n'était pas aussi occupé, c'est lui qui m'aurait appris à me battre !
Enragée, elle martelait frénétiquement le tronc de ses lianes-fouets. Quand tout-à-coup, ses tympans frémirent. Un son presque inaudible, strident et suraigu, traversa sa tête en un éclair, comme un aiguille acérée. Ce son lui disait quelque chose...mais quoi ? "Mais oui !" pensa le serpent. Elle avait déjà entendu cette vibration bien avant d'entrer dans la grotte, récemment. Et cette fois, il était beaucoup plus violent...


Dernière édition par Baba [Florizarre] le Jeu 15 Juin - 17:04, édité 1 fois
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Re: POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre

Message par Baba [Florizarre] le Jeu 15 Juin - 17:03

Chapitre VII ~ Le Mont Glacé:

Grenousse, Débugant et Solochi s’arrêtèrent net. Ils levèrent la tête pour contempler le Mont Glacé, éclatant de majesté.
- “Toujours aussi impressionnant, constata Débugant.” Le petit coeur de Grenousse battait la chamade. Depuis le temps qu’il attendait l’occasion de se rendre au Mont Glacé, il ressentait un certain malaise, maintenant que son voeu était exaucé. Ce sentiment n’avait pas échappé à Débugant, qui se tourna vers lui.
- “Tu ne l’avais pas vu depuis longtemps, pas vrai ? Demanda-t-il, bien qu’il connaissait déjà la réponse.
- Ce n’est plus vraiment le même endroit, répondit Grenousse en grimaçant. J’espère qu’il reste encore ne serait-ce qu’un petit indice.
- N’oublie pas que nous ne sommes pas là pour ça. Notre priorité est le sauvetage de Mucuscule.
- Oui, je sais, soupira la grenouille. J’espère juste faire d’une pierre deux coups, au passage.
- Certes, mais ne laisse pas ta recherche entacher la mission. Il vaut mieux savoir ce Pokémon sain et sauf et remettre ça à plus tard si tu ne trouves rien. Je sais que tu es le premier à t’inquiéter du sort des autres, alors je suppose que tu comprends.
- C’est normal, après tout, tout à commencé ici, de toute façon.
- Oui...grinça Débugant en baissant la tête. Je sais bien…
- GAO !” Grogna Solochi.

Personne ne savait si elle les rappelait à l’ordre pour avancer ou si elle avait simplement faim, mais ses deux compagnons reprirent néanmoins leurs esprits et se mirent en route.



Pendant ce temps, au village, le crâne de Vipélierre lui faisait souffrir le martyr. Le son strident qu’elle entendait depuis le début de son voyage avait redoublé d’intensité et menaçait de la faire imploser tant la douleur était grande. Elle perdit l’équilibre et s’effondra sur le sol, recroquevillée sur elle-même, la tête entre les pattes. Un Pokémon se précipita sur elle.

- “Mademoiselle, vous allez bien ? Vous m’entendez ?
- Aaargh ! gémissait-elle en se tortillant.
- Mon dieu, c’est affreux ! Il faut que je trouve quelqu’un !”

    Il courut désespérément à la recherche d’un Pokémon qui pourrait l’aider, portant entre ses pattes le petit serpent en proie à sa torture. Il frappait au hasard sur les portes des huttes, mais personne ne lui répondait. Alors il se rua chez lui, où il disposa la pauvre créature sur sa couche, avant de lui apporter de l’eau. Il resta auprès d’elle, afin de veiller à ce que son enfer cesse, paniqué et impuissant.



    Un violent blizzard balayait le Mont Glacé. Grenousse et ses compagnons avançaient avec difficulté, sans cesse repoussés par les rafales cinglantes du vent. Pour se réchauffer, ils mâchonnaient quelques baies Willia, tout en essayant de maintenir en place sur eux les capes qu’ils avaient emportées avec eux. Ils s’étaient préparés au froid, mais la météo dépassait largement leurs attentes, et la surprise était amère. Sans parler, afin d’économiser leurs forces, ils se frayaient un passage, ralentis tant par la tempête que par l’épaisseur de la poudreuse dans laquelle ils s’enlisaient. Si Grenousse recherchait quelque chose ici, ce n’était en tout cas pas avec ce temps qu’il allait découvrir quoi que ce soit. Roigada avait sûrement sous-estimé les conditions de la mission. Grenousse essaya de se convaincre du contraire, et se dit que le maître devait lui avoir laissé cette mission en connaissance de cause, afin d’éprouver ses compétences, en vue de lui laisser le champ libre pour une éventuelle exploration du lieu.
    Après une marche interminable qui semblait avoir duré des heures, ils arrivèrent à l’entrée d’une petite grotte, exténués. Solochi avait du mal à avancer, et les deux autres la hissèrent pour l’abriter avec eux.

- “J’espère...vraiment...que nous trouverons Mucuscule dans les...limites du terrain autorisé, haleta Débugant. C’est déjà...beaucoup trop dur…
- Han...Pas faux, répondit Grenousse, épuisé. Il te reste des baies Willia ?
- Pas des masses. Quatre, je crois. On devrait en manger une chacun. N’oublie pas Solochi. C’est un dragon, elle est beaucoup plus sensible au froid que...Solochi ?!”

    La dragonne était effondrée, et respirait avec difficulté. Grenousse et Débugant se ruèrent sur elle, et tentèrent de lui faire avaler une baie.

- “Rha, c’est pas vrai ! S’affola Grenousse. Pour ce genre de cas, c’est une baie Nanone qu’il faudrait !
- Il n’y en avait pas dans le coffre, et puis c’est au-dessus de nos moyens, une baie aussi rare…
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?! Solochi est très faible, et on n’a aucun moyen de la sauver !
- Du calme, Grenousse, si on panique, ça ne fera qu’envenimer les choses...une solution, vite… Bon, pour l’instant, donnons-lui nos manteaux.
- Bonne idée.”

    Ils déposèrent sur leur amie leurs deux manteaux, et s’enfoncèrent avec elle un peu plus profondément dans la grotte, pour s’éloigner du froid.

- “C’était pas prévu...grogna Grenousse. Bon sang, c’était pas prévu !! Comment on va retrouver le petit ? Solochi n’est même plus en état de marcher, et on est coincés ici, avec la tempête dehors !
- Qui sait quand ça se calmera...on est dans de beaux draps. Quoiqu’il en soit, essayons d’avancer : il y a peut-être une sortie pas loin ?
Et Solochi ?
- Il ne reste plus grand chose dans le sac. Peut-être qu’on pourrait la traîner dedans ?
- Tu n’y pense pas, elle ne rentrera jamais. Et en plus, on risque de lui faire mal… On a de quoi s’éclairer ?
- Oui, j’avais prévu des torches, il faut toujours en avoir en mission, on ne sait jamais sur quel genre de terrain on s’aventure, quand on explore un donjon mystère…
- Tu penses toujours à tout, toi, ricana Grenousse. Ça te donne un petit côté coincé, mais c’est pour ça que j’aime avoir un partenaire comme toi, t’es vraiment le meilleur, haha !
- Merci, répondit Débugant en rougissant. Mais tu me complimenteras quand on aura trouvé une échappatoire à tout ça. Pour le moment, allumons les…
- Un problème ?
- Je n’ai pas de quoi faire le feu.
- Quoi ?!
- D’habitude, c’est Solochi qui allume les torches, mais là…
- On est mal ! Qu’est-ce qu’on va faire ?
- Je ne sais pas. Essayons de rester là quelque temps pour voir si le blizzard se calme, et sinon, je partirai seul chercher un moyen de sortir d’ici.
- Dans le noir ?
- On verra bien, dit Débugant, le regard baissé. Asseyons-nous en attendant.”



    Vipélierre reprenait peu à peu ses esprits, et fut enfin capable de boire un peu d’eau. Elle releva doucement son museau en tremblotant, et se tourna vers son hôte.

- “Merci d’avoir essayé de m’aider, dit-elle. Je crois que ça va mieux.
- Je suis content que ça te soit passé, répondit le Pokémon. Je suis Sablaireau, et toi ?
- Vipélierre…
- Enchanté, Vipélierre. Dis-moi, je peux savoir ce qui t’est arrivé ?
- Mh...depuis quelque temps, j’entends un drôle de bruit très aigu… Au début, je l’entendais à peine, comme s’il était très loin, mais tout à l’heure, j’ai cru que ma tête allait éclater ! C’était tellement puissant que j’avais l’impression que c’était juste à côté de moi.
- C’est étrange, en effet, constata Sablaireau. Je me demande pourquoi tu es la seule à l’entendre, d’ailleurs...c’est peut-être psychologique, tu ne crois pas ?
- Vous pensez...réfléchit le serpent. Je n’en sais trop rien. Mais je crois savoir à qui m’adresser.
- Ça va aller ? Tu peux te relever ?
- Oui oui. J’aimerais juste savoir...est-ce qu’on est loin de la hutte de Roigada ?
- Roigada ? Le maître de la guilde de sauvetage ? Voyons...c’est à quelques centaines de mètres d’ici, vers l’est, je crois.
- Je vous remercie.”

    Vipélierre se releva et sortit. Elle marchait aussi vite qu’elle le pouvait, persuadée qu’elle ne devait pas se précipiter, pour ne pas s’évanouir. Au bout de quelques minutes, elle arriva à hauteur de la hutte de Roigada. Elle frappa à la porte, mais aucune voix n’en sortit. Elle frappa de plus belle, mais toujours rien. Sonistrelle, qui passait à proximité, s’intéressa au serpent.
- “Rebonjour Mademoiselle ! Besoin de voir Monsieur Roigada ?
- Ah, salut Sonistrelle. Tu sais où il est allé ?
- Aucune idée...demandez à Monsieur Brutalibré ou Madame Grolem, je suis sûr qu’ils doivent en savoir quelque chose !”

Vipélierre, déçue, rebroussa chemin. “Mais où est ce vieux patapouf quand j’ai besoin de lui ?” pensa-t-elle.



    Débugant se redressa.
- “Où tu vas ? demanda Grenousse.
- Il doit bien y avoir de quoi allumer les torches, par ici, je vais inspecter la roche. Reste ici et veille sur Solochi.
- Tu es sûr que ça va aller, tout seul ?
- Je ne m’aventurerai pas trop loin. Si je ne trouve rien, je reviendrai attendre la fin de la tempête.
- D’accord...bon courage !
- Merci Grenousse, dit Débugant en souriant.”

    Il se saisit de sa torche et s’enfonça dans les ténèbres. Grenousse se rapprocha de Solochi et soupira. “Quand est-ce que ça va se terminer ?” se demandait-il à voix haute. Solochi, dans son sommeil, poussait de petits grognements plaintifs. Les manteaux posés sur elle et les baies qu’elle avait mangées ne se révélaient hélas pas si efficaces, et pour cause : avec de trop vagues informations, le groupe n’avait manifestement pas été préparé à vivre un tel enfer. Grenousse était plutôt résistant au froid. C’était sans doute la raison pour laquelle Débugant lui avait confié la tâche de rester auprès de Solochi, tandis que lui partait en éclaireur. Hélas, malgré la confiance que Grenousse plaçait en son compagnon, une inquiétude persistante l’habitait, qui s’expliquait par la situation désastreuse dans laquelle ils se trouvaient, et l’existence d’un malaise soudain. Un pressentiment ? L’instinct ? Peu importe ce que c’était, Grenousse en avait des frissons, et priait de plus belle pour la fin du blizzard.
    Pendant ce temps, Débugant avançait à tâtons dans un boyau étroit de la caverne, glissant méticuleusement ses doigts le long de la roche, afin de déterminer la nature de celle-ci. Il n’était pas un expert en la matière, mais il se devait d’essayer, car ses compagnons et lui n’avaient que peu de temps. Il entreprit alors de détacher de petits gravats plus friables que les autres, et s’accroupit. En entrechoquant les deux pierres, il tentait de créer l’étincelle qui incendierait la torche. Ce n’était pas une tâche facile, mais visiblement, de petits flashs lumineux jaillissaient de temps en temps. Alors il redoubla d’efforts, et obtint finalement de quoi allumer d’embout. Il glissa les pierres dans son petit sac et rembroussa chemin, sa torche à la main.
    Grenousse fut ravi de voir la lueur de son ami qui se rapprochait.

- “Tu en a mis, du temps, est-ce que ça va ?
- C’était plus facile à dire qu’à faire, répondit Débugant. J’étais plongé dans le noir, et je n’avais pas envisagé que je ne pourrais sans doute pas trouver la bonne roche…
- Mais tu l’as trouvée, le coupa Grenousse avec un large sourire. T’es le meilleur, Débugant !
- Hum, bon, donne-moi ta torche que je l’allume, dit-il en rougissant. Nous devrions nous mettre en route. Est-ce que tu peux essayer de la réveiller ?
- Mh...je suppose que traverser le blizzard serait plus simple que de la tirer de son sommeil, mais qui ne tente rien n’a rien, répondit le Pokémon en haussant les épaules.”

    Il posa sa patte sur l’épaule de son amie et la remua doucement. “Ohé, c’est l’heure de se réveiller, ma grande.”. Comme attendu, la dragonne ne bougea pas d’un pouce et ronflait fort, comme à son habitude. Grenousse la secoua énergiquement en lui criant “Debout là-dedans ! Youhou, Solochi !”. Désespéré, il se tourna vers Débugant :

- “Rien à faire, elle dort comme une masse…
- On perd du temps, laisse-moi faire, soupira le Pokémon. Solochi, ma grande ? C’est l’heure de manger.
- Zzz...mgah ?!”

    Solochi se releva d’un bond, aux aguets, et tourna sur elle-même d’un air interrogateur avant de renifler le sol en remuant la queue.

- “Bon, on dirait bien qu’elle va mieux, dit Débugant en rigolant.
- Sorcellerie...grimaça Grenousse en lançant un regard inquiet à son ami.
- Bah quoi ? C’est un grand classique avec elle, de toute façon.
- Si tu le dis. N’empêche, si on avait attendu un peu, on aurait pu la réveiller plus tard pour lui demander d’allumer les torches, non ?
- Je ne crois pas. De toute évidence, nous sommes mal préparés, alors pour ne pas nous attirer plus d’ennuis, je propose qu’on économise nos forces. Et puis ça a permis à Solochi de récupérer. Nous devrions nous remettre en route, cette grotte m’a l’air de continuer plus loin.
- Mais rien ne dit qu’il y a une sortie de l’autre côté…
- C’est vrai, mais je pensais à une chose...si le blizzard nous empêche de sortir pour l’instant, pourquoi ne pas essayer d’explorer les environs. Tu vois de quoi je veux parler ?
- Non, je...oh ! percuta la grenouille. Mais oui ! Roigada ne nous en voudra pas, pas vrai ? C’est la faute de ce vent, après tout ! On devrait se dépêcher, cap sur le fond de la grotte, hahaha !
- Ton enthousiasme me fait presque peur, répondit Débugant, gêné. Tu viens, Solochi ?
- GAO !”

    Tous trois armés de leurs torches, leurs silhouettes s’évanouirent dans les couloirs de la grotte.



Grolem organisait les nouvelles affiches de mission que son fils Racaillou accrocherait au mur dans la journée. Sonistrelle se posa sur sa branche, juste au-dessus du comptoir.
 
- “Ta pause n’est pas terminée, tu sais, Sonistrelle ? Dit Grolem.
- Oh, ne vous inquiétez pas pour ça, Madame, dit-il en se frappant la poitrine. Si je ne travaille pas, je vais m’ennuyer !
- Ne pousse pas trop, répondit-elle. Tu vas y laisser des plumes !
- Je...n’ai pas de plumes Madame Grolem…
- Aaah...soupira le Pokémon, c’est une image, Sonistrelle, pourquoi est-ce que tu es toujours aussi sérieux ? Haha !”
 
Vipélierre apparut au croisement du chemin en titubant, visiblement paniquée. Elle s’approcha du comptoir sous le regard intrigué des deux Pokémon puis plaqua ses pattes avant sur la table.
 
- “Han...han...où est Roigada ? Essaya-t-elle d’articuler.
- Je ne sais pas, mon petit, répondit Grolem, intriguée. Que t’arrive-t-il ?
- Pas...le temps, si vous…savez pas, j’y vais…
- Stop. L’arrêta Grolem. D’abord, assieds-toi et explique-moi ce qui ne va pas.
- Ok...ok...c’est...ce bruit dans ma tête qui ne veut pas s’arrêter, un sifflement insupportable qui s’intensifie depuis des jours, et j’ai l’impression qu’il ne vient pas de moi, mais de…quelque part.
- Un bruit ? S’étonna Grolem. Voilà qui est étrange…
- Aaah ! S’écria Sonistrelle. Mlle Vipélierre, lorsque nous nous sommes croisés tout à l’heure, si j’avais su, je serais venu vers vous !
- Pardon ?
- Oui, mademoiselle, nous, les Sonistrelle, avons une ouïe des plus fine, je pourrais peut-être essayer quelqu…
- AIDE-MOI ! Cria Vipélierre, les yeux écarquillés et les pattes jointes.
- Euh...certainement, venez par ici…”
 
Vipélierre s’approcha avec prudence de l’arbre et Sonistrelle se laissa descendre doucement dans un battement d’ailes. Il s’arrêta à la hauteur de la vipère et colla son oreille contre sa tête. Vipélierre sursauta. C’était un peu froid et ça la chatouillait légèrement. Sonistrelle se concentra et commença à émettre de drôles de sons.
 
- “Que...qu’est-ce qu’il fait ? Chuchota le Pokémon à Grolem.
- Sonistrelle essaie de synchroniser son ouïe avec la tienne, répondit-elle. Et là, il chante pour envoyer des ondes sonores et “scanner” les environs à la recherche du bruit.
- Il peut faire ÇA ?
- Shhht ! Dit Sonistrelle en grimaçant. J’essaie de me concentrer…”
 
Dans le lointain, les ondes de Sonistrelle filaient, invisibles et légère, vibrantes et puissantes, et ricochaient en écho sur les obstacles les plus infimes. Lentement, mais sûrement, elles commençaient à saisir faiblement les stridulations, sans la saisir tout à fait, jusqu’à ce que…
 
- “AH !!! S’écria Sonistrelle. Je l’ai ! Quel son puissant, c’est douloureux !
- Je le sens aussi, geignit Vipélierre...je vais essayer de tenir, dis-moi tout, Sonistrelle !”
 
N’y tenant plus, le Pokémon recula. Son oreille vibrait encore sous le choc de la soudaine montée de volume de la stridulation. Vipélierre le regardait avec des yeux inquiets.
 
- “Alors…? Demanda-t-elle.
- Je crois que j'ai identifié un itinéraire, répondit Sonistrelle. Mais le bruit m'a désorienté...je ne suis pas sûr de la provenance exacte du signal…
- Dis-moi tout ce que tu sais ! S'affola Vipélierre.
- Je ne suis pas sûr, mademoiselle. Il se peut que la trace provienne des alentours de la Grotte Ampère. Mais cela ne vous avancera pas de le savoir, cet endroit est fermé depuis des lustres à cause des éboulements à répétition…
- ...la porte...
- Excuse-moi ? Demanda Grolem.
- Ouvrez la porte, je vous en supplie ! Hurla le serpent. Je dois savoir ! Pourquoi je suis la seule à l’entendre ? Pourquoi Sonistrelle a du fournir autant d'efforts pour trouver la source du bruit ?
- Vipélierre, reprit Grolem solennellement, N'as-tu pas entendu ce que vient de dire Sonistrelle ? C'est un endroit fermé au public, c'est bien trop dangereux pour un Pokémon seul. Même avec des partenaires, ce serait…
- C’est toujours pareil avec vous autres ! Vociférait la princesse. Lâchez-moi avec ça à la fin ! C'est moi que ce bruit appelle, et j'y arriverai seule que vous le vouliez ou non !”
 
Elle s'élança aveuglément et bondit par-dessus la grande porte à l'aide de ses lianes-fouets, sous le regard paniqué de Sonistrelle, Grolem et ses fils, qui n'eurent pas le temps de réaliser sa fugue.
 
 
 
- “Je crois que j'aperçois une lueur, Grenousse, bafouilla Débugant, la voix prise par le froid.
- Parfait, fit Grenousse en souriant. Avançons !”
 
Les trois compagnons accélérèrent le pas jusqu'à tomber sur une immense salle.
 
- “Il fait chaud ici… constata Grenousse. Et si on y voit si clair sans les torches, c'est… REGARDEZ ! Débugant, regarde, c'est du magma !
- De la… Mais c'est totalement impensable ! Comment peut-il encore y avoir de la lave en fusion par ce froid ?
- Je ne sais pas, jubilait le Pokémon, mais il y a encore un espoir, j'en suis sûr ! Nos efforts n'ont pas été vains ! Tu as de quoi écrire ? Je vais faire un rapport à -
- Roigada.”
 
Débugant sortit du sac un morceau de papier et un crayon qu'il tendit à son compagnon. Pendant ce temps, Solochi s'avança vers les coulées de lave pour se réchauffer, quand une odeur particulière capta son attention.
 
- “Par précaution, dit Grenousse, je vais extraire quelques morceaux de basalte, ça pourrait nous servir.
- GAOOOH !! S'écria Solochi.
- Qu’est-ce qui t'arrive, Solochi ? Demanda Débugant qui se retourna sous l'effet de la surprise.
- Grrrrrr…
- Suivons-la suggéra Grenousse. Elle a un meilleur instinct que nous, elle a du flairer quelque chose de pas net…”
 
Ils remontèrent à hauteur de Solochi et la suivirent jusque dans un creux reculé de la salle. Là, il devinèrent une forme mouvante dont ils ignoraient la nature. Solochi s'avança en reniflant, puis, sans prévenir, l'attrapa de sa mâchoire.
 
- “Que...Solochi !! Paniqua Débugant, qu'est-ce que tu fais ?!
- Attends, l'interrompit Grenousse...c'est…”
 
La forme étrange s'agita entre les dents de Solochi.
 
- “Hein ? Fit une drôle de petite voix.
- HEIN ?! Firent à leur tour les jeunes explorateurs.
- Gaoh ? Dit Solochi en penchant la tête sans lâcher prise.”
 
Soudain, la petite masse se retourna, et le visage de ce qui semblait être un petit Pokémon se décomposa de peur.
 
- “BOUAAAAAH !!! Hurla-t-il en s'agitant.
- AAAAAH !!! S’écrièrent également Grenousse et Débugant en sautant dans les bras l'un de l'autre.
- Gaoh ?
- Pitié,  finit par articuler le Pokémon inconnu, me mangez pas !
- De...hein ? Demanda Grenousse en descendant doucement des bras de Débugant.
- Me mangez pas, s'il vous plaît...geignit-il de plus belle. Je voulais pas vous déranger, moi, je suis juste perdu…
- Perdu...réfléchissait Débugant. Perdu ? Excuse-moi, tu ne serais pas Mucuscule par hasard ?
- Comment vous me connaissez ? Demanda ce dernier.
- Solochi, lâche-le, ordonna le Pokémon.”
 
La dragonne obéit sagement et laissa le Mucuscule s'extirper de ses dents. Il recula en tremblotant de peur.
 
- “Vous allez pas me manger, hein ? Sanglota le Pokémon.
- Ne t'inquiète pas, le rassura Débugant, nous sommes une équipe de secours, notre mission est de te ramener sain et sauf au village.
- Ah ! S'écria soudain Grenousse, perdu dans ses pensées depuis un bon moment. La mission de Galvaran ! C'est Mucuscule !
- C'est maintenant que tu t'en rends compte ? Dit Débugant en lui cognant le crâne.
- Aïe ! Se plaignit la grenouille.
- Me ramener ? Repris Mucuscule. Oh je...MERCIIIII ! Cria-t-il en fondant en larmes.
- Ne t'inquiète pas, lui dit Grenousse en se massant la tête. C'est pour ça qu'on existe, petit gars ! Maintenant, rentrons !”
 
Débugant soupira et hissa Mucuscule sur le dos de Solochi.
 
- “Qui vous êtes ? Demanda Mucuscule. Vous êtes venus me sauver alors j'aimerais bien connaître vos noms…
- Je suis Débugant, répondit ce dernier. Solochi est le Pokémon qui te porte et voici Grenousse, notre chef !
- Hello ! Dit Grenousse dans un sourire.
- C'est pas toi, le chef, Débugant ? Tu as l'air un peu plus intelligent…
- Pardon ?! Réagit Grenousse.
- Hahaha ! C'est vrai que Grenousse est un peu tête en l'air !
- Hé !
- Mais il est mieux placé que moi pour être chef, j'en sais quelque chose. C'est le Pokémon le plus courageux et le plus gentil que je connaisse.
- Débugant… Ouiiin je savais pas que tu pensais ça de moiii ! pleurnicha-t-il.
- Rhaaa, tais-toi, grogna Débugant, gêné, tu gâches tout, là. Oublie ce que je t'ai dit, Mucuscule, c'est un idiot !
- Mais ? Aaah !
- Hahaha, fit Mucuscule, vous êtes super copains !
- Ma foi, répondit Débugant dans un haussement d'épaules.”

Chapitre VIII ~ Tant Pis !:

Est-ce que c'était à cause de Sonistrelle ? Il semblait à Vipélierre qu’à mesure qu’elle avançait, la mystérieuse stridulation s'intensifiait. Selon où ses pas la dirigeaient, le volume changeait, tel une carte sonore qui lui indiquait le chemin.

Au détour d'un croisement, l'air se fit progressivement plus rare, et l'atmosphère plus pesante. Vipélierre haletait et son coeur s'accéléra. Quelle était cette angoisse qui la tenaillait ? Cette terrible sensation de vide ? Les environs lui apparaissaient sinistres et froids, gris comme la cendre. De temps à autre, le bruit insupportable l’assaillait comme si on lui perçait les tympans, et Vipélierre avançait avec toutes les difficultés du monde.

Ses pas la menèrent à un sentier étroit qui filait rêche entre des murs de roc. Les graviers qui le jalonnaient vibraient légèrement sous la force d'une tension magnétique, que Vipélierre sentait vrombir entre ses écailles. Il ne lui fallut que très peu de temps pour réaliser que ce qui lui était apparu comme une simple impression s'avérait en réalité très concret. Du sol jaillissaient des arcs électriques inquiétants et soudains, mais c'est en levant le nez que lui apparut toute l'ampleur du phénomène: une immense cavité rocheuse, une grotte imposante parcourue d'un véritable halo de ces mêmes arcs électriques, furieux et menaçants. Le reptile déglutit et elle comprit en un instant que l'endroit était plus dangereux qu'elle ne se l'était figuré. Conformément aux dires de Sonistrelle, de grands rubans dissuadaient tout profane de pénétrer dans ce lieu qui menaçait de s'effondrer sur lui-même dans un fracas apocalyptique. Téméraire, Le Pokémon se glissa entre les failles de l'enchevêtrement et poursuivit son chemin.

L'intérieur ne la rassura pas davantage. Les étincelles dont l'air était chargé piquaient comme des aiguilles, des seringues qui injecteraient la peur comme on inocule un venin. De minuscules créatures grouillaient dans des coins sombres où Vipélierre elle-même ne pouvaient les identifier, et par moments, un gravat ou deux se détachait et chutait en ricochant dans l’immensité de la grotte, qui vibrait de l'écho sourd de la roche.

Mais un écho plus fort, plus grave encore paralysa le jeune Pokémon. Le râclement de quelque énorme masse, puis soudain, des chocs percutants. Puis elle identifia de nouveau ce son si familier, la stridulation cauchemardesque. Celle-ci, désormais plus diffuse, avait perdu de sa violence. C'était plus puissant mais plus doux, et Vipélierre se surprit à lui trouver un elle-ne-savait quoi de mélodieux. Mélodieux, inquiétant et triste.

Vipélierre s'avança plus profond encore, et tout se mêlait en elle. L'angoisse, l'air étouffant, le silence de plomb interrompu soudainement par les éboulements lointains et l'onde sonore musicale qui résonnait dans sa tête, causaient ainsi en elle un mélange de sensations intenses qui lui donnait des sueurs froides. La musique la guidait toujours, puissante et douce à la fois. Pourquoi cette horrible stridulation s'était-elle changée en cet écho si calme ? La grotte ? L'habitude ? Tandis que ces questions se bousculaient dans la tête du petit Pokémon, elle ne flancha pas et débarqua dans un grand couloir. Elle ralentit le pas par prudence. Et elle ne croyait pas si bien faire, car au même moment, quelque chose avançait aussi, silencieux et invisible, le long du plafond de l'interminable corridor. À chacun de ses pas, il la suivait comme son ombre. Petit à petit. Doucement. Sûrement. Se rapprochait. Un peu. Beaucoup. Encore. Encore. Encore. Encore…..

Une grande salle ronde.

Au moment où elle posa la patte à l'intérieur, la stridulation reprit en éclatant, et elle tomba à la renverse. Vipélierre se mit à hurler de toute la force de ses poumons en se saisissant la tête. Peu importe ce qu'était ce bruit infernal, elle en avait enfin trouvé la provenance, et il la tuerait ici. Elle n'avait pas la force de se relever, clouée au sol par les assauts infinis des vibrations. Alors, tout doucement, son esprit s'embrouilla et les ténèbres de l’inconscience l’envahirent.



Vipélierre ouvrit les yeux. Combien de temps avait-elle dormi ? Où était-elle ?

Elle se redressa d’un bond, réveillant chez elle une migraine soudaine. Le serpent se dressa avec toutes les difficultés du monde, chancelant sur ses pattes arrières, et ouvrit ses grands yeux.
Au centre de la même pièce ronde dans laquelle elle s'était évanouie se dressait une véritable montagne de gravats. Mais celle-ci lui paraissait plus étrange que ça encore. Si on prêtait une attention minutieuse aux rocher qui la composait, l’oeil, en s'habituant, pouvait déceler une lueur des plus faibles, instable et tremblante.

Vipélierre s’approcha, posa une patte sur la roche, et sentit son corps tressaillir. Elle escalada le monticule pierre par pierre avec la minutie la plus extrême, afin de ne pas glisser. Arrivée à hauteur de la source de lumière la plus flagrante, elle regarda dans le creux de la pierre. Malgré les flashs saccadés, elle ne parvenait pas à distinguer la moindre forme. Alors elle déploya ses lianes-fouets, puis se saisit d’un roc après l’autre pour débloquer la vue.

“C'est un Pokémon.”

Rien ne lui permettait de le dire, sinon son intuition, et un sentiment fugace. Mais la forme ronde et grise coincée sous la pierre n'était pas faite de roche. Ses lianes glissèrent de part et d'autre de la créature, et l’en dégagèrent. Le supposé Pokémon était un amas de petites parties métalliques visiblement brisées et rayées. Rien ne bougeait et seule la lumière faiblarde continuait de clignoter. Pokémon ou pas, Vipélierre sentit qu'elle devrait s'occuper de sa trouvaille, et tout le rappelait à son âme depuis qu'elle avait quitté la Clairière Fleurie.

Le fardeau entre ses lianes, elle descendit le long des aspérités. Sa patte dérapa et elle glissa jusqu'en bas de la pile, ou elle heurta le sol dans un cri de douleur. Par bonheur, ses lianes n'avaient pas lâché prise et la créature était sauve.





- “Maître Roigada !!! Hurlait Sonistrelle à pleins poumons. C'est terrible !!!
- Que t’arrive-t-il, Sonistrelle ?
- C'est Mademoiselle Vipélierre ! Elle est...oh, tout est de ma faute !
- Calme-toi, reprit Roigada. Je ne comprends pas, explique-moi calmement.
- Mademoiselle Vipélierre est à la recherche d'un drôle de son qu'elle est la seule à entendre, et en l'aidant, je lui ai parlé de la Grotte Ampère...et maintenant, elle s'est enfuie !
- La Grotte Ampère… Alors elle a de gros ennuis. Il faut dépêcher une équipe compétente pour ce genre de cas, ou elle courra un grand danger. Va contacter l'équipe Mâchouille.
- Tout...tout de suite Maître !
- Sonistrelle !
- Oui, Maître ?
- Ne t'en fais pas, tu as voulu bien faire en l'aidant, tu n'y es pour rien.
- Merci…
- À présent va !
- Ou...oui !”





Avec un poids supplémentaire, la traversée du couloir s'avérait pénible, et Vipélierre avait déjà perdu beaucoup de forces. Mais ce qui la préoccupait le plus était ce grondement qui résonnait depuis son entrée dans la grotte. D'après Sonistrelle, les éboulements étaient fréquents dans la Grotte Ampère, et ce n'était pas ce vrombissement qui la rassurait à ce sujet. Elle essaya de se dépêcher pour en finir en accélérant la cadence, mais l’oxygène rare des lieux et son état physique la ralentissaient considérablement. Sa vue se brouillait et la peur lui nouait l'estomac.

C’était encore là.

Quelque chose rodait toujours en haut, au secret de tous. C'était quelque part, c'est tout.

Vipélierre s'arrêta net. La fatigue ? Non, elle l'avait senti: sa patte s'était prise dans une matière collante. C'était visqueux et tellement résistant qu'elle était clouée sur place. Lentement, elle leva la tête, et avec effroi, constata qu'elle se trouvait dans une partie inconnue de la grotte, ou la même matière envahissait les environs comme un piège géant.

Un léger cliquetis se fit entendre derrière elle et elle sentit son corps se soulever lentement dans les airs. Elle se débattit comme elle le pouvait mais le fil se resserrait d'autant plus. Une fois disposée sur l'immense réseau de fils, une créature étrange l'y enroula lentement à l'aide de ses grosses pattes électriques. Vipélierre, pétrifiée, leva les yeux vers son hôte et étouffa un cri: une énorme araignée aux pattes velues la tenait prisonnière, et elle n'était pas seule. Fermant les yeux, elle pria pour son salut. Son esprit ramena à elle la Clairière Fleurie, Baba, Roserade, Roigada, Sonistrelle et…

“AIDE-MOI.”

À qui parlait-elle ? Qui serait là pour elle ? Dans quel cauchemar était-elle en train de sombrer ?

“Ma….., .l...non !”

Cette voix n'était pas la sienne, cette fois. Mais il fallait qu'elle essaie...ça ne pouvait pas être un hasard...pas...maintenant…

“MAGNÉTI, ÉLECANON !!!”

Un flash gigantesque illumina la sombre salle comme en plein jour. L'étrange fardeau de Vipélierre s'éleva dans les airs à une vitesse folle et un déluge d'éclairs foudroyants s’abattit sur les arachnides, qui furent projetés de toutes parts avec une violence inouïe.
Profitant du phénomène qui avait fini par brûler ses liens, elle intercepta le petit être et s'enfuit à une vitesse vertigineuse sans se retourner.
Dès lors, la grotte entière fut parcourue d'une secousse titanesque, et le plafond commença à s'écrouler sur lui-même en un rien de temps. Vipélierre essayait tant bien que mal d'esquiver les rocs et son agilité de serpent lui sauva la vie des dizaines de fois. La sortie était proche, mais les boulets menaçaient d'en boucher l'accès. Elle accéléra et tenta de sauter par dessus le mur de pierre avant qu'il ne se referme complètement.



Gisant à même le sol, la patte broyée par un caillou trop gros, elle s'évanouit devant la grotte, le petit Pokémon étrange entre ses lianes.





Le temps s’était arrêté. Vipélierre, recroquevillée comme un foetus, flottait au milieu de rien. Une bulle de douceur et de quiétude l'enveloppa et submergea son être d'une chaleur familière.

“Baba ?”

Elle se réveilla en sursaut sur une couche de paille. L'endroit lui était inconnu mais familier.
Les visages penchés sur elle la ramenèrent à la réalité.

- “Roigada ? Sonistrelle et Madame Grolem aussi ?
- Comment te sens-tu ? S'inquiéta Roigada avec empressement.
- Je ne sais pas…
- OUAAAAAH !!! Hurla Sonistrelle, les yeux inondés de larmes. Mademoiselle Vipélierre !!! Je suis désolé, tellement désolé ! Tout ceci est arrivé par ma faute ! Je vous ai mise en danger en vous parlant de cet endroit et…
- Sonistrelle, répondit calmement Roigada. Je t'ai déjà dit de ne pas t'inquiéter. Vipélierre vient de récupérer, et nous devrions la laisser tranquille, maintenant qu'elle a repris ses esprits.
- Attendez...dit-elle avec difficulté. Comment va...Magnéti ?
- Magnéti ? Est-ce que c'est ce drôle de petit Pokémon qui était avec toi ?
- Oui…
- Comment sais-tu qu'il s'appelle comme ça ? Est-ce que tu le connais ?
- Non, je l'ai...entendu.
- Il y avait quelqu'un d'autre avec toi ?
- Non, je...je ne sais pas comment… Mais je crois que c'était dans ma tête…
- Voilà qui est étrange… - Roigada secoua la tête. - Mais rassure-toi, son corps est comme neuf, et il t'attend dans la hutte voisine.
- Je veux le voir...ouille !
- Ne bouge pas, ta patte a été brisée et tu dois encore te reposer.
- D'accord, se résigna le reptile, à la surprise de tous.”

Elle s'allongea, exténuée, et Roigada tourna les talons, suivi de Grolem et d'un Sonistrelle encore en larmes.

- “Attends, Roigada. - Il s'arrêta net et se retourna vers elle. - J'ai bien réfléchi à cette histoire d'équipe de secours… Et je crois qu'elle suis décidée à en former une. Mais à une seule condition.



“Je veux faire équipe avec lui.”

Et voilà pour tout le début ! Le neuvième chapitre est en cours d'écriture, et il devrait paraître très bientôt ! En attendant, dites -moi ce que vous en pensez !
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Baba [Florizarre]
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Re: POKÉMON DONJON MYSTÈRE ~ Le Souhait de Vipélierre

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